Miró, Calder et architecture

 Miró, Calder et le geste créatif. Dimanche soir le 15 mars 2009, en zappant je suis tombé sur TV5 et j’ai vu un reportage des années 70 montrant Miró  entrain de concevoir une œuvre et par la suite, Calder faisant de même pour une sculpture mobile.

 Ces personnes alors très âgées créaient ‘’live’’. Antonio Miró créait une toile devant nous. Vous auriez dû voir la nonchalance des gestes, tout se faisait comme si sans réflexion et surtout d’un naturel tout à fait gratuit. Le résultat était splendide et ce en quelques minutes. Sa toile réalisée en plus ou moins 20 minutes était une création sublime. De même pour Alexander Calder, qui avec des bout de tôles réalisait une maquette ou des maquettes de mobiles dont il faisait construire à grande échelle par des ouvriers spécialisés.

Pourquoi je vous parle de ces artistes et de leur geste de création? Parce que je suis certain qu’au moment où ils concevaient ces œuvres, ils ne réfléchissaient pas au sens qu’ils devront y donner, c’était de l’émotion pure et c’était magnifique à voir.

Alors pourquoi nous les architectes faudrait-il toujours avoir une explication à nos créations artistiques? Je me suis fait demander cela souvent : Hey, Mario ça représente quoi? Ça veut dire quoi? Peux-tu m’écrire un texte sur ton concept ? Eh bien je vous le dis, plus souvent qu’AUTREMENT ça me fait ch…, ces questions car je n’ai pas particulièrement de réponses, car la création s’est faite émotionnellement en tenant compte des contraintes du programme. Bravo! Si des gens y voient des explications, cela me fait plaisir de les entendre. Sommes-nous obligés et devons-nous obligatoirement en avoir une explication rationnelle ou poétique pour exprimer nos émotions ?

 Pour moi le dynamisme, le contraste et le mouvement sont souvent l’explication de mes gestes architecturaux. Ces expressions de mes émotions se concrétisent avec les matériaux, les formes, les couleurs, les ombres, l’éclairage, le vide et plein. Souvent le verbe me manque pour exprimer mes projets car au départ cela ne faisait pas partie de ma démarche de création qui est plus émotive que rationnelle.

 

Vive la liberté de création!

 

Mario V. Petrone, architecte et architecte paysagiste

 

Ce billet a été posté par mpetrone le Mercredi, avril 22nd, 2009 à 11 h 40 min. Il est archivé sous Art et architecture, Art public. Vous pouvez suivre les réponses à ce billet sur le fil RSS 2.0 RSS. Vous pouvez commenter, ou utiliser un rétrolien à partir de votre propre site.

Un commentaire

  1. [...] de création artistique. Cette constatation de création spontanée me faisait penser à un de mes articles précédents. J’ai eu beaucoup de plaisir et ceci a très bien clos ma fin de [...]

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