
Le xéropaysagisme est un terme relativement nouveau utilisé en architecture du paysage qui paraît bien savant. Il signifie tout simplement l’emploi de plantes n’ayant pas besoin d’une grande quantité d’eau pour composer un aménagement paysager. Cela peut être aussi un jardin sec, minéral, d’inspiration zen comme on dit. Jean-Claude Vigor le définit comme un jardin aménagé de végétaux résistants et acclimatés à la sécheresse. Bien heureuse que ce nouveau terme nous éloigne de cette appellation utilisée à toutes les sauces, alors que l’on sait combien cet art ancien demande une grande connaissance et le respect de règles strictes
En xéropaysagisme, un jardin sec portera dorénavant sa propre identité culturelle selon le milieu environnemental où il sera créé, sans être confronté à une image asiatique. Les deux jardins contemplatifs de la cour intérieure de l’Hôtel de ville de Longueuil que Mario V. Petrone architecte et architecte paysagiste a conçu en est un exemple. De chaque côté de la galerie d’art constituée d’un corridor vitré, un jardin d’hiver et un jardin d’été aménagés selon les principes du xéropaysagisme nous émeuvent par leur clarté et leur harmonie contrastante.
À partir de la nouvelle entrée, un axe principal a été créé en construisant un spacieux passage vitré traversant la cour intérieure existante pour la séparer en deux jardins distincts. Les deux jardins minéraux situés de part et d’autre de ce corridor-galerie se répondent par leur différence. Aménagés sobrement afin de permettre aux occupants d’évoluer dans un milieu contemporain épuré où l’art et la nature se côtoient. Ils forment le cœur du bâtiment où l’espace cour s’est métamorphosé en un lieu propice à la contemplation. Le passant vit une expérience sensible tout au long du parcours du corridor-galerie menant à la salle du conseil.
Le jeu de motifs au sol d’un des deux jardins est l’inverse de l’autre, le yin et le yang. Le revêtement de pierres de rivière blanches, grises et noires insérés dans ces motifs crée les contrastes.
Dans le jardin d’été, au sol couvert de pierres de rivière blanches, un amélanchier manifeste les spectacles saisonniers du cycle de la vie par son abondante blanche floraison printanière, ses petites baies violacées durant l’été, son feuillage automnal écarlate et ses branches dénudées en hiver.
Dans le jardin d’hiver au sol couvert de pierres aux nuances grises, un cyprès pleureur avec sa forme relaxante d’automne se prépare à accueillir la neige sur ses branches épuisées. Dès l’arrivée du printemps, il déploiera un vert tendre et grandira vers l’été pour prendre de nouvelles forces et revoir à nouveau les froides saisons.
Ils partagent le même concept de banc, pour un une plaque de pierre de calcaire et l’autre en marbre blanc, posés sur deux cailloux du même mirerai. Une colonnette en acier apporte l’élément métal en opposition à l’élément végétal.
Sur chaque étage de l’immeuble au moment des déplacements sur les voies de circulations principales, le regard est inévitablement attiré vers ces sculptures vivantes conçues par l’architecte Mario V. Petrone.
Angeline Spino
architecte







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