Milieu humide, Ile-des-Sœurs
Comme vous tous, j’ai entendu à la radio et aux différentes chaines de tv que Verdun et précisément les résidents de l’Ile-des-Soeurs, http://lemagazineiledessoeurs.com vont démolir la fameuse sculpture intitulée « milieux humides » conçu par www.atelierinsitu.com située à l’entrée de l’île.
J’en suis bouleversé, fâché, insulté, par cette décision qui me semble un manque de respect pour l’art. Pour le peu de fois que les villes ont l’audace d’insérer un peu d’art et de création dans leur environnement et bien voilà que Verdun décide de démolir ce magnifique projet. Dans tout art urbain, il est normal et même souhaitable de créer une certaine polémique dans la ville. Des citoyens aiment d’autres détestent, et ceci va de soi, car le « drabbe » lui, n’a pas de saveur et ne crée aucune réaction. Les réactions négatives sont souvent plus fulgurantes, plus savoureuses, plus impressionnantes, plus vivantes, mais nous savons tous que les plus réactionnaires sont souvent en petit nombre et ce sont eux qui font changer les décisions. Ce n’est pas pour cela qu’ils ont raison et comme tout le monde le sait en prériode électorale les conseillers municipaux et les maires sont très sensibles aux réactions de leur citoyens et de l’impact médiatique que cela pourrait produire sur leur élection.
Je me pose des questions, concernant cette décision de démolir cette sculpture environnementale:
Est-ce une raison de mauvais « timing » à cause des élections municipales?
Est-ce une question de « goût » des citoyens?
Est-ce une question de fonctionnement technique de l’oeuvre?
Est-ce une question de communication?
Est-ce une question de culture artistique urbaine?
Bref nous pourrions nous en poser d’autres. Il est pourtant certain que ce projet a coûté 450 000$, que ce projet est magnifique et qu’il anime un cercle souvent rempli de plantes avec peu de création artistique. Alors si des défaillances techniques étaient à la base de la décision d’éliminer ce projet, je ne comprends vraiment pas ce fondement car ceci ne tient pas la route. Il est possible d’ajuster ce projet pour lui permettre de vivre sans nécessairement projeter du brouillard. La vraie raison n’est pas exprimée haut et fort car pour ceux qui l’ont prise la honte tomberait sur eux. Jamais je ne croirai que des raisons de contrôle de vapeur seraient assez importantes pour faire démolir cette œuvre.
En conclusion, l’art en architecture comme je l’ai mentionné dans mes articles précédents http:/www.petronearchitectes.com est très important, mais comme ceci est peu réalisé, chaque fois que des artistes, architectes ou architectes paysagistes s’avanturent dans ce domaine il est primordiale que tout l’aspect technique, ingénierie ou scientifique soit contrôlée au maximum car ce sera toujours sur ce « grain de sable » que les destructeurs s’acharneront pour démolir tous les projets. Cette vérité existent depuis des siècles: à Paris à Barcelone en pensant à Gaudi et Eiffel.
Il faut en faire et en refaire beaucoup de ces projets pour promouvoir l’art et le bien-être de la différence dans l’environnement.
Mario V. Petrone, architecte et architecte paysagiste
Mots-clefs :Design urbain, île-des-soeurs, In Situ, Mario V. Petrone, milieux humides, Petrone Architectes, Stéphane Pratte, Verdun






Bonjour monsieur Petrone,
Je trouve votre article fort intéressant. Si vous me le permettez, j’aimerais exposer un point de vue différent. Personnellement, l’oeuvre me plaît bien. On innove avec un concept original pour l’art public.
Vous posez des questions valables et discutables. Vous défendez ce projet avec passion et émotion. Bravo !
Il me semble peu probable que le maire Trudel, l’initiateur de ce projet, ait pris la décision de le démolir avec gaïté de coeur. Un homme avec une longue expérience de l’industrie culturelle qui érige une telle sculpture « peu usité » mérite l’appréciation de ses concitoyens mais surtout des artistes concepteurs. Au-delà des goûts, ce même maire a la responsanbilité de gérer son arrondissement en « bon père de famille ».
Curieux, j’ai visité le site web auquel vous faites référence. Ce qui m’étonne, c’est qu’on parle de l’aménagement du « rond-point » de l’ïle-des-Soeurs. En réalité, il s’agit plutôt d’un carrefour giratoire. À Paris, l’Étoile, avec son arc de triomphe imposant, est un exemple célèbre de ce qu’est un rond-point.
Si je me fie au ministère des Transports, les règles régissant la conduite pour les usagers de la route ainsi que l’aménagement des lieux diffèrent énormément. Ce sont deux concepts de gestion du trafic ayant chacun leurs principes de conception et d’aménagement, dont certains sont diamétralement opposés. Le carrefour giratoire est un aménagement routier qui vise avant tout à optimiser la fluidité du trafic de façon sécuritaire auquel on ajoute un volet paysager. Le rond-point peut être une place publique ou un parc. On priorise l’aménagement esthétique de l’îlot central, le volet routier étant secondaire.
Ayant été témoin du chaos créé par un immense nuage blanc de vapeur opaque rendant la visibilité nul autour du carrefour giratoire, je ne peux m’empêcher de croire que la sécurité prend le dessus sur le concept artistique. Un carrefour giratoire n’est pas le meilleur endroit pour installer des technologies non éprouvées. Pensez également aux particularités d’exploitation en hiver. La question se pose à savoir si le Milieu Humide compromet la sécurité des cyclistes, les personnes ayant des limitations, les piétons et les automobilistes ?
Ne serait-il pas un heureux compromis de pouvoir déplacer cette sculpture environnementale dans un endroit où elle serait appréciée à sa juste valeur ?