Commentaire Habiter le présent

Bravo pour cet article qui je crois, pourra éclairer les sceptiques de l’architecture contemporaine.
Vous pouvez aussi voir la maison de Mme Lavigne, conçue par l’architecte Pierre Thibault.
Je suis d’accord avec le contenu de celui-ci et j’aimerais parler du contexte, de l’environnement de construction de ces maisons.

Souvent dans un paysage particulier, dans un environnement champêtre ou du moins sur un terrain beaucoup plus grand que celui qui se trouve normalement dans une banlieue ou un centre urbain, la plupart des maisons contemporaines ont cet avantage que de retirer le maximum de leur environnement et d’établir une relation de symbiose avec les particularités du site (vue, ensoleillement, vent, boisé, sol, rocher, etc.). Tout cela devient très difficile à réaliser avec une maison conventionnelle à cause des restrictions de « style ».


Bref nous croyons toujours que ceci ne peut se faire en milieu urbain ou même encore plus rare dans un « développement » de plusieurs maisons. Détrompez-vous, car même à Outremont sur la côte St-Catherine, depuis plusieurs mois une grue y est fixée pour la construction d’une maison contemporaine juchée à flanc de montagne. La différence est très intéressante et marque bien l’époque de sa construction (2010). Cette insertion de contemporain au travers les époques a toujours été remarquée mais n’a jamais été une mode. Les insertions par contraste sont toujours spéciales, originales et expriment le temps d’une histoire, enfin!!!. L’intégration par mimétisme par contre me semble souvent une solution avec peu de saveur. Se rappeler des proportions des ouvertures, de la couleur des matériaux ou même de reprendre les mêmes matériaux, deviennent même des contraintes restreignantes à la création en milieu urbain.

Dans les banlieues sur des lots ou terrains plus restreints peu de promoteurs osent y apporter des projets de résidences contemporaines soit en unifamiliale détachée, semi-détachée ou en rangée, et pourquoi? La réponse des promoteurs est « qu’il faut construire ce qui se vend, ce que le client veut ». Mais je dirais, qu’est-ce qui est offert au client? Ce client a-t-il vraiment le choix? Peu, très peu ou pas du tout, de projet contemporain n’a été vraiment proposé aux clients. Ah oui j’oubliais, le prix, ce fameux prix, comme si cela était vraiment ce qui menait l’achat final. Faudrait en parler avec les spécialistes en marketing à savoir est-ce que l’émotion est plus forte que le prix et est-ce que pour ±5% du prix un client achèterait quand même, je ne sais pas.

Alors même sur des lots de 500 mètres carrés il est possible de créer des résidences contemporaines qui permettent au résident de soutirer une plus grande qualité d’espace intérieur en relation avec leur environnement.
La vérité est quel développeur veut vraiment se choisir un architecte créateur et payer pour cette plus-value? Il a un risque à prendre et cela est compréhensif car lui il doit vendre son projet, mais ceci n’est-il pas la définition d’un entrepreneur, prendre des risques?

À bientôt pour le contemporain.

Mario V. Petrone, architecte et architecte paysagiste

This entry was posted by mpetrone on Lundi, mars 8th, 2010 at 4:40 and is filed under Architecture, Design intérieur, Design urbain. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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