Pont thermique, mur extérieur

J’ai récemment effectué une visite d’un immeuble de plusieurs étages (8 à 12 étages) qui présente des problèmes d’infiltration d’eau dans certains logements.  Ce que j’ai vu est encore une répétition du type de construction des années ‘70 ou ‘80 que j’espérais ne plus retrouver en 2010.

À l’extérieur du bâtiment tout semblait normal, aucun éclatement de la maçonnerie et le béton apparent de la structure était en bon état avec quelques éclatements de façon sporadique.

À l’intérieur le phénomène de «photocopie» sur le gypse des murs extérieurs était présent. Ce phénomène consiste à voir la structure des colombages au travers du gypse. Ceci est le résultat simple d’un pont thermique dû au manque d’isolation du côté froid des colombages (voir les recherches et études réalisées à la SCHLEnglish version).

Dans les années soixante-dix, au début de l’utilisation des colombages d’acier comme structure pour les murs extérieurs, j’avais souvent vu ce phénomène de photocopie sur le gypse intérieur. Les colombages servent de support pour les matériaux formant le mur extérieur et ces colombages sont fixés sur la structure principale qui est soit en acier ou en béton coulé.

Voici donc la composition du mur de l’immeuble à logement que j’ai visité dernièrement:

  • brique 90mm
  • espace d’air 25mm
  • papier noir 15#
  • gypse extérieur 12mm
  • colombages d’acier de 45 x 90mm
  • laine isolante de fibre de verre entre les colombages
  • Pare-vapeur de polyéthylène
  • gypse peint 12mm

Cette composition de mur a été utilisée régulièrement dans le passé mais elle ne fonctionne pas à cause des ponts thermiques et du manque d’étanchéité à l’air. Plusieurs immeubles avec ce type de construction ont été refaits au complet. Si le taux d’humidité relative est trop élevé dans les logements, cette humidité peut causer des détériorations importantes à la structure de colombages. Dans certains cas les colombages sont détériorés complètement à la base, ils s’effritent en poussière et alors le mur perd sa propriété structurale et devient dangereux car la brique y est fixée avec ses attaches. Il peut arriver qu’aucun problème ne survienne dans certains logements et que seul une infime partie des logements soit atteinte. Tout ceci est relatif au niveau d’humidité relative de chaque logement et donc de l’utilisation par ses occupants.

Un autre problème de ce type de construction est l’inconfort entre les étages du côté des vents dominants et du côté opposé, dû au manque d’étanchéité à l’air. Aujourd’hui nous disons de façon polie que c’est un type de construction qui respire!!! Il y a un prix à payer pour ce type de construction et ce n’est qu’une question de temps pour découvrir la présence de problèmes d’enveloppe.

Savez-vous quoi? De réparer ce type de construction est très délicat car il n’existe aucun système de ventilation mécanique pour chaque logement, alors de rendre étanche ce type de construction existante pourrait créer des problèmes de moisissures majeures.

Pour relever un défi de la sorte, les professionnels responsables de corriger la situation doivent avoir les connaissances ou du moins les ressources pour ne pas oublier un détail qui causerait encore plus de problèmes que la situation existante.

Mario Petrone

Ce billet a été posté par mpetrone le Lundi, mai 31st, 2010 à 11 h 39 min. Il est archivé sous Architecture, Construction, Enveloppe du bâtiment, Expertise, Respect du travail, Science du bâtiment. Vous pouvez suivre les réponses à ce billet sur le fil RSS 2.0 RSS. Vous pouvez commenter, ou utiliser un rétrolien à partir de votre propre site.

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